Quand on commence le développement web en formation, Bootstrap s'impose naturellement. Les professeurs le montrent, la documentation est claire, et les composants sont prêts à l'emploi en quelques classes. J'ai donc suivi le mouvement, comme tout le monde dans ma promo.
Le problème est apparu lors d'un rendu de projet en cours. En regardant les autres travaux, j'ai eu une impression étrange : les interfaces se ressemblaient toutes. Même palette, même navbar, même arrondi sur les boutons. On reconnaissait Bootstrap à l'oeil nu. C'est ce qu'on appelle le rendu « bootstrap-ish » ce look générique qui trahit immédiatement qu'on a utilisé le framework sans vraiment le personnaliser.
C'est à ce moment que j'ai commencé à chercher une alternative. Tailwind CSS m'a d'abord semblé étrange : des dizaines de classes utilitaires directement dans le HTML, pas de composants préconçus, une logique complètement différente. Mais plus j'avançais, plus je comprenais la philosophie : au lieu de t'imposer un style, Tailwind te donne des briques atomiques pour construire le tien.
J'ai adopté Tailwind dans un contexte Symfony + Twig, ce qui n'est pas le cas d'usage le plus documenté sur internet, la majorité des tutoriels ciblent React. J'ai donc dû adapter, comprendre comment intégrer Tailwind dans le pipeline d'assets Symfony, et accepter que le HTML de mes templates devienne plus verbeux.
Ce que j'ai gagné en retour : une vraie identité visuelle sur mes projets, une flexibilité totale, et surtout une bien meilleure compréhension des propriétés CSS sous-jacentes. Avec Bootstrap, je cliquais dans une liste de composants. Avec Tailwind, je dois savoir ce que je veux produire avant d'écrire la première classe.
Ce n'est pas que Bootstrap soit mauvais : c'est un outil puissant, surtout pour prototyper vite. Mais pour un portfolio ou un projet personnel où l'identité visuelle compte, Tailwind offre quelque chose que Bootstrap ne peut pas vraiment donner : la singularité.